Carnet n°50 - Y a b'Onbama
Par Anton WAGNER le mardi, 2 février 2010, 14:58 - Politique - Lien permanent
Aujourd’hui, je me suis retrouvé chez le médecin. Comme celui-ci était en retard, comme c’est une affreuse habitude dans cette profession, et que je m’ennuyais ferme après avoir corrigé ma dernière copie, je saisis un exemplaire ancien du Point qui traînait sur une table.
Ancien car il remontait à novembre 2008. Mais très actuel car s’y trouvait un éditorial de Patrick Besson sur Obama. Or, nous venons de fêter le premier anniversaire de sa présence à la Maison Blanche…
Je ne résiste pas à l’envie de citer quelques passages de cet éditorial, intitulé « Obamarre », tant ils me semblent criant de vérité. Ça commence par un petit rappel bien senti sur l’incommensurable supériorité morale des démocractes (j’ajouterai des gens de gauche en général) sur la reste (la lie, devrais-je dire) de l’humanité :
Les États-Unis ont un président noir, ce qui semble faire oublier au monde qu’il est démocrate. De ces démocrates qui ont attaqué le Mexique et imposé la prohibition sous Wilson, envoyé les premières bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki au temps de Truman, où ils ont également agressé la Corée et favorisé la “chasse aux sorcières” du sénateur McCarthy, qui ont envahi puis boycotté Cuba sous Kennedy, commencé la guerre du Vietnam sous Jonhson, où ils sont aussi intervenus militairement en République dominicaine, qui ont bombardé Belgrade et Bagdad sous Clinton, présidence au cours de laquelle ils ont de surcroît laissé massacrer un million de Tutsis au Rwanda (avril-juin 1994).
Voilà pour la bonne conscience. Besson continue ensuite en dénonçant l’affligeante mièvrerie des obamaniaques, qui voyaient en Barack une espèce de Messie, dont le métissage allait de lui-même solutionner tous les problèmes de la planète :
De l’avis général, Barack Obama règlerait sous peu les problèmes des États-Unis puis, après un week-end à Camp David avec Michelle et les filles, ceux de toute la planète au sous-développement durable. J’ai même lu, dans un grand quotidien du matin, sous la plume allègre d’un académicien français octogénaire, que son élection à la présidence des États-Unis venait de supprimer toute discrimination raciale outre-Atlantique.
L’auteur pronostique l’échec final et inévitable d’Obama. Lorsqu’on voit la gestion calamiteuse de la crise des subprimes, entre autres dossiers, on ne peut que se dire qu’effectivement, Obama échouera. (Il y était condamné de toute façon, par l’immensité des espoirs placés en lui, car il est humainement impossible de satisfaire des attentes aussi peu rationnelles et raisonnables, ses soutiens feront donc paradoxalement sa perte.)
Pour finir, je fais miennes ses paroles de Patrick Besson : « On devrait pourtant finir par comprendre, avec l’expérience de la déception, que les hommes politiques sont des hommes, quelle que soit leur couleur. Et des politiques. Pas des dieux ». Amen !
Commentaires
L’article oublie de citer qu’Al Gore et Bill Clinton ont créé dans les années 80 le PMRC, qui voulait censurer la musique qu’écoutent les jeunes. Bel exemple de tolérance n’est-ce pas ?
Autre oubli de taille pour nos grands moralisateurs de gôôche : Obama est un farouche partisan de la peine de mort (tout comme Gore et Clinton).
Bien que j’ai complètement arrêté de lire cet hebdomadaire (après une très longue cohabitation débuté au Lycée), je dois reconnaître que Patrick Besson est loin d’avoir tort. Je n’ai pas d’avis particulier sur Obama mais la couleur de sa peau, si talentueux soit-il (et il le faut un peu pour devenir président des USA), est loin d’être un sésame suffisant pour régler l’ensemble des problèmes planétaires à la satisfaction de tous.
Obama montre au quotidien qu’il reste avant tout un américain (http://tempsreel.nouvelobs.com/actu…) et et que son soucis principal est son pays. Faut-il que nos élites soient tombées bien bas pour en faire le parangon de vertu qu’elles ne sont plus, parangon dont elles s’évertuent, à travers des médias bien serviles (nous sommes en France), à glorifier l’image quotidiennement?
J’aurai du mettre également ce lien: http://www.causeur.fr/obama-sadise-…
@Higgins :
C’est-à-dire que nos élites intellectuelles, férues d’idées tant universelles qu’elles en perdent tout enracinement, sont trop portées à glorifier l’Autre, pour peu que cet Autre corresponde abstraitement à ses valeurs. Glorifier Obama, c’est glorifier le métissage, le mélange des races (qui n’existent pas, rappelons-le !), c’est aussi cracher sur le national, c’est-à-dire sur le troupeau dont cette élite se prétend la bergère, à la fois gardienne et guide…
C’est d’autant plus cocasse qu’il semblerait que l’identité nationale existe pour 82% des Français. Ce qui fait que, jugeant par les standards de l’élite, 82% des Français sont des fascistes… Quant aux 30% qui estiment que l’immigration menace l’identité nationale…