État nau­fragé dans un océan de det­tes


Pas­sa­ble­ment endetté, l’État fran­çais s’est mis en tête de s’endet­ter davan­tage encore, pour pré­pa­rer l’ave­nir nous dit-on… Trente-cinq mil­liards d’euros, en voilà une somme qu’elle devrait don­ner les cou­dées fran­ches à la France.

C’est donc assez cocasse de voir que le pre­mier effet du grand emprunt de Sar­kozy… est d’entraî­ner des res­tric­tions bud­gé­tai­res !

Bercy a ainsi rogné d’envi­ron 2% le bud­get des minis­tère, qui devront éco­no­mi­ser sur leurs frais de fonc­tion­ne­ment (mais pas tou­che à la masse sala­riale, faut pas pous­ser !). Tout cela fait un petit 500 mil­lions d’euros tout de même.

Bah oui, parce que, voyez-vous, un emprunt, ça fait des inté­rêts…

Et figu­rez-vous qu’en 2011, la charge des ces inté­rêts dépas­sera les 600 mil­lions d’euros. Ce petit pac­tole, bien sûr, vien­dra s’ajou­ter aux déjà mas­sifs 50 mil­liards (à la lou­che) que repré­sen­tent les inté­rêts des det­tes accu­mu­lées par le passé… Mais comme notre bien aimé pré­si­dent a dit qu’il n’aug­men­tera pas les impôts, eh bien il faut bien rogner dans les minis­tè­res pour absor­ber le sur­coût des bêti­ses que l’ont fait.

Alors voilà l’effet que cela me sug­gère. Finan­ciè­re­ment exsan­gue par des années de gabe­gies, de mau­vaise ges­tion, de réfor­mes ratées si pas avor­tées, n’ayant plus guère les moyens de jouer le rôle ambi­tieux de cen­tre de tout qu’il se donne, l’État n’a rien trouvé de mieux que de fuir en avant, tout en éco­pant à la petite cuillère le sur­plus d’eau que son navire prend de toute part.

Ça pro­met.

Source :
Marie Visot, « Bercy met les minis­tè­res au régime sec », Le Figaro, 26/01/2010.