Carnet n°44 - De hauts cris d'orfraie pour rien
Par Anton WAGNER le jeudi, 14 janvier 2010, 19:19 - Politique - Lien permanent
Malgré le débat sur l’identité nationale, le FN deviendrait-il de moins en moins glamour ?
On s’est beaucoup étranglé du débat lancé par Éric Besson. Débattre de l’identité nationale, c’était forcément faire le jeu de l’extrême droite, stigmatiser tel ou tel composante de la société, ouvrir la boîte de Pandore, féconder de nouveau le ventre déjà toujours fécond de la bête immonde, etc.
Bref, à en croire certains, la France était en grand péril de fascisation imminente.
Pour ma part, j’en suis venu à la conclusion que, s’il n’y a pas de mal à aimer son pays, l’État ne devrait pas se mêler de le savoir. Ce n’est pas son problème que les gens aiment ou non la France, il devrait surtout veiller à faire appliquer le droit. Personnellement, je préfère un supporter de l’Algérie qui me laisse en paix à un fervent des Bleus qui me pique mes affaires. Simple question de goût, j’en conviens.
Mais qu’apprend-on récemment ? Que 48% des Français se désintéresseraient du débat et presque autant jugent qu’il a dérivé de ses objectifs initiaux… Voyez combien les Français sont rongés par la xénophobie !
Il y a mieux encore. Selon un autre sondage, 77% des Français désapprouveraient les idées du Front national. Et le plus marquant, c’est que cette opinion est en progression depuis 2006, où seulement 70% des Français la partageaient. Le FN semble donc décrocher quelque peu car seuls 18% des Français adhèrent à ses idées, contre habituellement 22 à 24%. Cette désaffection frappe la totalité des thèmes-clés du parti frontiste, comme l’immigration, l’insécurité, etc.
Ici encore, nous pouvons constater à quel point l’ombre gammée plane sur notre pays !
Toutes ces nouvelles devraient faire ronronner de plaisir nos antiracistes et autres vertueux de service. Ils devraient même y trouver quelque matière à se tranquilliser. Que nenni ! Il s’en trouve encore pour s’offusquer à grand bruit du débat de ce soir entre Éric Besson et, horreur des horreurs, Marine Le Pen. C’est qu’on ne se passe pas si facilement d’un repoussoir aussi commode que le Front national…
Commentaires
Je retrouve avec plaisir des billets plus réguliers. Merci de trouver du temps pour les écrire.
En ce qui concerne le FN, je suis très loin d’en partager la philosophie. Je reconnais cependant à son leader historique une grande intelligence associée à une grande culture (c’est rare dans le monde politique). Qui plus est, il est très probablement bien loin dans la vie privée de la caricature qui en lui est faite. Sa fille a une bonne carte à jouer en dédiabolisant le FN mais je ne suis pas certain qu’elle soit à la hauteur.
Personnellement, qu’il y ait débat ou non sur l’identité nationale m’indiffère totalement. L’identité nationale est et un pays qui ne douterait pas de ses valeurs n’a que faire d’une telle gesticulation politicienne. Je me retrouve totalement dans vos propos lorsque vous déclarez “…s’il n’y a pas de mal à aimer son pays, l’État ne devrait pas se mêler de le savoir. Ce n’est pas son problème que les gens aiment ou non la France, il devrait surtout veiller à faire appliquer le droit.”. Las, les politiques français sont tellement imbus de leur suffisance et tellement avides des prébendes liées aux fonctions éligibles qu’ils en méprisent, quand ils ne cherchent pas à le transformer à leur profit, l’appareil juridique (hommes et textes confondus). Voir à ce sujet les propos tenus récemment par M. Devedjan sur le Conseil Constitutionnel (je mets en lien le billet de Philippe Bilger sur ce sujet: http://www.philippebilger.com/blog/…). Une autre preuve manifeste de cet état d’esprit, également réparti à droite comme à gauche, en est donnée par le faux-bond de M. Peillon, ce triste sire rosacé, au débat d’hier soir. Si ça se trouve, son comportement fait partie d’un plan ourdi conjointement avec M. Besson et ses amis pour redorer le blason, bien terni, de ce dernier et éviter ainsi de montrer la trop grande connivence qui existe entre le PS de droite et l’UMP de gauche. Pauvre France. Etonnez-vous, après cela, que près de 70% des français ne croient plus en la politique!
@Higgins :
C’est plutôt moi qui devrait vous remercier pour l’assiduité avec laquelle vous fréquenter ce blog ! Je n’aurais pas moi-même trouvé autant de patience.