Mal­gré le débat sur l’iden­tité natio­nale, le FN devien­drait-il de moins en moins gla­mour ?



On s’est beau­coup étran­glé du débat lancé par Éric Bes­son. Débat­tre de l’iden­tité natio­nale, c’était for­cé­ment faire le jeu de l’extrême droite, stig­ma­ti­ser tel ou tel com­po­sante de la société, ouvrir la boîte de Pan­dore, fécon­der de nou­veau le ven­tre déjà tou­jours fécond de la bête immonde, etc.

Bref, à en croire cer­tains, la France était en grand péril de fas­ci­sa­tion immi­nente.

Pour ma part, j’en suis venu à la con­clu­sion que, s’il n’y a pas de mal à aimer son pays, l’État ne devrait pas se mêler de le savoir. Ce n’est pas son pro­blème que les gens aiment ou non la France, il devrait sur­tout veiller à faire appli­quer le droit. Per­son­nel­le­ment, je pré­fère un sup­por­ter de l’Algé­rie qui me laisse en paix à un fer­vent des Bleus qui me pique mes affai­res. Sim­ple ques­tion de goût, j’en con­viens.

Mais qu’apprend-on récem­ment ? Que 48% des Fran­çais se désin­té­res­se­raient du débat et pres­que autant jugent qu’il a dérivé de ses objec­tifs ini­tiaux… Voyez com­bien les Fran­çais sont ron­gés par la xéno­pho­bie !

Il y a mieux encore. Selon un autre son­dage, 77% des Fran­çais désap­prou­ve­raient les idées du Front natio­nal. Et le plus mar­quant, c’est que cette opi­nion est en pro­gres­sion depuis 2006, où seu­le­ment 70% des Fran­çais la par­ta­geaient. Le FN sem­ble donc décro­cher quel­que peu car seuls 18% des Fran­çais adhè­rent à ses idées, con­tre habi­tuel­le­ment 22 à 24%. Cette désaf­fec­tion frappe la tota­lité des thè­mes-clés du parti fron­tiste, comme l’immi­gra­tion, l’insé­cu­rité, etc.

Ici encore, nous pou­vons cons­ta­ter à quel point l’ombre gam­mée plane sur notre pays !

Tou­tes ces nou­vel­les devraient faire ron­ron­ner de plai­sir nos anti­ra­cis­tes et autres ver­tueux de ser­vice. Ils devraient même y trou­ver quel­que matière à se tran­quilli­ser. Que nenni ! Il s’en trouve encore pour s’offus­quer à grand bruit du débat de ce soir entre Éric Bes­son et, hor­reur des hor­reurs, Marine Le Pen. C’est qu’on ne se passe pas si faci­le­ment d’un repous­soir aussi com­mode que le Front natio­nal…