Carnet n°43 - Grande nouvelle : il existerait un fond au gouffre du déficit !
Par Anton WAGNER le mardi, 12 janvier 2010, 23:17 - Economie - Lien permanent
Figurez-vous, « en France, le niveau de dépenses publiques par habitant est de 16.500 euros. Ce chiffre augmente de 500 à 600 euros par habitant chaque année ». C’est Éric Woerth qui le dit. Alors, pensez-vous, il serait grand temps de se dire que, peut-être en fin de compte, depuis 35 ans que l’État cumule les dettes, il est nécessaire de se pencher sérieusement sur la question…
Surtout qu’entre plan de relance et Grand Emprunt Bidule Chouette, il n’est plus guère urgent d’attendre. (Enfin, c’est juste assez amusant, le décalage entre ces préoccupations nouvelles et la politique réelle, qui consiste à emprunter 188 milliards d’euros en 2010, après en avoir emprunté 165 milliards en 2009).
Alors on lorgne sur le modèle allemand. Dans ce pays, la constitution encadre sévèrement la politique gouvernementale. Ainsi, Berlin doit réduire son déficit à partir de 2011 de 10 milliards d’euros par an jusqu’en 2016. Là, il devra se limiter à 0,35% du PIB… Même Thierry Breton, illustre devancier de Woerth aux Finances, a récemment défendu ce modèle. Que ne l’a-t-il fait du temps qu’il gérait le portefeuille étatique ?
C’est assez étrange cette soudaine poussée de fièvre. Car depuis le temps que la France fait du déficit et qu’on nous répète que la dette, voyez-vous, ça ne pose pas de problème… tant qu’on trouve des prêteurs, eh bien tout avait un petit air de normalité. Cela aurait même été bizarre, voire inconvenant, qu’on présentât un budget équilibré ! Il est vrai que, de loin en loin, quelques voix discordantes et inquiètes se faisaient entendre, pour dire que, quand même bon, il faudrait s’inquiéter, que la charge des intérêts pèse de plus en plus lourd, que les dettes d’aujourd’hui sont les impôts de demain (mais pas cette fois-ci, jure-t-on en haut lieu), que tout cela met au jour les dysfonctionnements de l’État, etc. Mais, toujours, ce vain tumulte retombait aussi rapidement qu’il ne s’était élevé.
Peut-on vraiment commencer à croire que les récents excès sont l’aube radieuse d’une sagesse future ? Les politiques céderont-ils aux admonestations de l’agence Fitch ? J’aimerais le croire, mais avec les zigotos qui nous gouvernent, je préfère me méfier. En tout cas, il risque d’y avoir pas mal de sport… et de larmes.
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