Carnet n°36 - Reconstitution futuriste de la bataille de Little Big Horn
Par Anton WAGNER le samedi, 26 décembre 2009, 23:35 - Culture et sorties - Lien permanent
25 juin 1876. Non loin de la rivière Little Bighorn, dans le Montana, des dizaines de soldats, des tuniques bleues, blessés ou trépassés, jonchent le sol. La force du nombre et un terrain peu propice à la cavalerie démontée eurent raison du Custer’s Last Stand (la dernière résistance de Custer), Custer lui-même, qui commandait la troupe, ayant trouvé la mort.
Little Big Horn est la dernière grande victoire des indiens contre l’armée des États-Unis. Quelques 14 ans plus tard, en effet, lors du massacre de Wounded Knee Creek, les soldats états-uniens devaient tirer une terrible revanche de la raclée de 1876…
Dernièrement, je suis allé voir Avatar, le petit dernier de James Cameron. Tout le long du film, je ne pus m’empêcher d’y voir une reconstitution futuriste de la bataille de Little Big Horn. (Si vous n’avez pas vu le film, il est sans doute préférable de ne pas lire ce qui suit.)
Les protagonistes sont finalement les mêmes : l’armée des États-unis d’une part, sous les traits de Marines dans le film, et des tribus primitives d’autres part. Le déroulement des évènements est aussi identique. On avait trouvé de l’or dans le Montana, ce qui avait provoqué l’arrivée massive de pionniers ; dans Avatar, c’est aussi un gisement précieux qui justifie la présence humaine. Si les indiens résistèrent, c’étaient parce que les chercheurs d’or violaient leur terre sacrée, les Blacks Hills, d’où le gouvernement voulait les déloger. Dans Avatar également, il s’agit de chasser les indigènes de l’Arbre-maison, puis de détruit leur sanctuaire le plus sacré afin d’anéantir chez eux tout velléité de résistance. L’issue de la lutte, enfin, est la même dans les deux cas.
Quoi qu’il en soit de ce rapprochement, Avatar est un film esthétiquement très réussi. L’imagination qui présida à la création d’une faune et d’une flore aussi luxuriantes que variées est époustouflante tant de créativité que d’ingéniosité. Je regrette toutefois quelques hollywoodismes qui brisent partiellement le charme de l’ensemble. La figure du colonel Miles Quaritch, par exemple, est un peu trop caricaturale et la fin du film vraiment trop optimiste pour être crédible : croit-on que les hommes renonceront aussi simplement à un minerai si précieux ?
Avatar est aussi un film bien de son époque. Ainsi l’idée de faire de l’écosystème de Pandora un espèce de réseau géant, auquel les indigènes se connectent comme on connecterait un ordinateur à internet… Et puis, bien évidement, cet ode à la nature n’est pas sans faire écho aux préoccupations écologiques du moment. Car on voit bien ce qui s’oppose : des hommes, prédateurs et bornés, qui détruisent tout à l’aide de leur grosses machines de guerre au bilan carbone désastreux, et des indigènes moins avancés mais qui vivent en symbiose avec leur environnement naturel et qui ont été créés sur un modèle mélangeant culture indienne et africaine.
Je n’ai rien contre les préoccupations écologiques, mais c’est un peu lourd dans le film, quand même…
Bref, je ne regrette malgré tout pas de l’avoir vu. En revanche, je n’ai pas trouvé que la 3D apportait réellement un plus !
Commentaires
Bonjour,
C’est curieux mais le film m’a inspiré des réflexions équivalentes même si je n’avais pas fait le rapprochement avec Little Bog Horn mais plutôt avec “Danse avec les loups” et évidemment Dune (pour l’épice). Il y a beaucoup de réminiscence cinématographique puisée essentiellement dans les Western dans ce film car c’est une thématique assez classique. L’histoire est plutôt simpliste avec une forte influence New Age et quelques piques, légères, contre le capitalisme qui détruit tout. Le personnage du colonel Miles Quaritch est caricaturale au dernier degré et nuit plutôt, tel qu’il apparait, à l’histoire. Je regrette beaucoup que le personnage du directeur du site (j’ai oublié son nom) n’ait pas été plus exploité: il y avait un vrai méchant en puissance, qui plus est, est aux ordres des méchants actionnaires.
Le point fort du film reste la représentation de la planète absolument superbe. J’ai particulièrement aimé les montagnes flottantes avec les cascades qui se perdent dans l’atmosphère. Bref, un bon spectacle familial pour les fêtes qui ne prend pas la tête (le contraire d’un film hexagonal, ce qui doit expliquer en partie son succès).
Très bonne année 2010 pour vous et vos proches (plus de billets, ils sont trop rares)
@Higgins :
C’est vrai que mes billets sont très rares, mais après une journée en ZEP, quand je rentre le soir chez moi, j’ai beaucoup de mal à relancer ma concentration, d’autant que le peu qui me reste est souvent mobilisé pour des copies à corriger ou des cours à terminer…
Je vais essayer de faire bien mieux l’année prochaine. Voilà une bonne résolution à prendre pour la nouvelle année !
En tout cas merci à vous pour votre assiduité sur ce blog. Très bon réveillon du Nouvel An, et bonne année 2010 à vous aussi !