Deux vidéo de Fin­kiel­kraut qui s’exprime sur France Inter à pro­pos de l’affaire Polanski, suivi d’un débat tendu avec Yves Michaud.





Je par­tage bien cer­tains de ses argu­ments. Par exem­ple, je veux bien que Polanski ne soit pas un pédo­phile. D’après ce que je sais, la pédo­phi­lie con­siste à ce qu’un adulte ait une atti­rance sexuelle pour un enfant, c’est-à-dire une per­sonne non pubère. D’ailleurs, je crois savoir que le mot même de pédo­phi­lie n’existe pas dans la loi (fran­çaise du moins), car celle-ci ne sanc­tionne pas les goûts, les atti­ran­ces, les fan­tas­mes sexuels, mais les pas­sa­ges à l’acte. Or, la vic­time de Polanski avait 13 ans, elle était donc pubère. Polanski n’est cer­tai­ne­ment pas un Marc Dutroux.

Je le suis éga­le­ment lorsqu’il veut dénon­cer ce déchaî­ne­ment bien tar­dif con­tre le cinéaste, alors que l’affaire est con­nue depuis le début. C’est bien arti­fi­ciel et il faut veiller à pren­dre garde à l’effet d’ana­chro­nisme pro­vo­qué par l’évo­lu­tion des sen­si­bi­li­tés (ce qu’Yves Michaud ne fait pas assez à mon goût). Néan­moins, j’ai beau­coup de mal à en con­clure que Polanski puisse échap­per à une pro­cé­dure judi­ciaire. Ce n’est donc pas par res­sen­ti­ment démo­cra­ti­que que moi, en tout cas, je ne prends pas la défense du cinéaste. (D’ailleurs, je trouve assez flip­pant le délire de Fin­kie sur l’élite…)

Vers la fin du débat, Fin­kiel­kraut mon­tre peu de com­pé­tence juri­di­que : lisez Maî­tre Eolas pour savoir pour­quoi la France accueillit le fugi­tif sans jamais l’avoir extradé ensuite.

Mais ce qui me déçoit le plus, c’est la pathé­ti­que invo­ca­tion de la vie pas­sée de Polanski : res­capé du Ghetto, orphe­lin de mère, vic­time du com­mu­nisme, meur­tre de Sha­ron Tate, etc. Je ne vois pas le rap­port… La com­pa­rai­son avec Michael Jack­son me sem­ble aussi limi­tée. Cer­tes oui la célé­bra­tion de feu Bambi fit l’impasse sur les affai­res lou­ches. Néan­moins, cha­cun savait que Michael Jack­son n’avait pas l’esprit très net et puis c’est son génie musi­cal qui fut célé­bré, pas le reste. Pareille­ment, rien n’enlève à Polanski son talent de cinéaste et je ne serai jamais cho­qué qu’on célè­bre son art, même si per­son­nel­le­ment je con­nais peu son œuvre.

Bref, j’ai trouvé Fin­kie bien infé­rieur à lui-même. Je pré­fère quand il parle des ban­lieues.