Carnets libéraux

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Culture et sorties

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mercredi, 27 janvier 2010

Carnet n°48 - Disney se met au noir


Peut-être avez-vous vu les affi­ches pour le pro­chain Dis­ney. Si c’est le cas, vous aurez cons­taté que l’héroïne… est noire.

Sin­cè­re­ment, cela m’a fait un choc. Un peu comme la pre­mière fois que je suis entrée dans une bou­lan­ge­rie tenue par un Arabe. Je suis resté un ins­tant inter­dit en me disant : Com­ment ? Ces gens-là tien­nent des bou­lan­ge­ries… ? Depuis, je m’en suis remis et la bou­lan­ge­rie où je vais régu­liè­re­ment ache­ter mon pain est elle aussi tenue par des Ara­bes – musul­mans de sur­croît.

Quand on dit Dis­ney, on pense à Blan­che-Neige, à Cen­drillon ou encore à la Belle et la Bête. Bref, de bel­les his­toi­res, sou­vent ins­pi­rées des con­tes tra­di­tion­nels de l’Europe. Donc, passe encore des ani­maux comme dans Robin des Bois, Les Aris­to­chats ou Le Roi lion, passe encore des êtres mi-humains mi-ani­maux, comme Ariel la petite sirène, mais une prin­cesse noire…

C’est mar­rant com­bien les ima­ges pré­con­çues infor­ment nos com­por­te­ments et notre res­senti. Pour­quoi, après tout, ne pas avoir une prin­cesse noire – pour­quoi, après tout, ne pas avoir de bou­lan­ger arabe ? Sur­tout lors­que l’his­toire se déroule à la Nou­velle-Orléans ? Cer­tains grin­cheux y ver­ront cer­tai­ne­ment l’expres­sion d’une metis­so­cra­tie infecte (parce que le prince-gre­nouille est blanc). Mais enfin, le métis­sage est aussi une réa­lité de nos socié­tés (moi qui suis métisse, je ne vais pas dire le con­traire), dès lors pour­quoi fau­drait-il faire comme s’il n’exis­tait pas ?

Bien entendu, une prin­cesse noire et un prince-gre­nouille blanc ne ren­dront pas ce Dis­ney meilleur qu’un autre. Et je ne pren­drais pas la peine d’aller le véri­fier par moi-même : cela fait belle lurette que j’ai décro­ché des Dis­ney.

Source :

Jean-Paul Chaillet, « Dis­ney intro­nise sa pre­mière prin­cesse noire », Le Figaro, 27/01/2010.

samedi, 26 décembre 2009

Carnet n°36 - Reconstitution futuriste de la bataille de Little Big Horn

25 juin 1876. Non loin de la rivière Lit­tle Bighorn, dans le Mon­tana, des dizai­nes de sol­dats, des tuni­ques bleues, bles­sés ou tré­pas­sés, jon­chent le sol. La force du nom­bre et un ter­rain peu pro­pice à la cava­le­rie démon­tée eurent rai­son du Cus­ter’s Last Stand (la der­nière résis­tance de Cus­ter), Cus­ter lui-même, qui com­man­dait la troupe, ayant trouvé la mort.

Lit­tle Big Horn est la der­nière grande vic­toire des indiens con­tre l’armée des États-Unis. Quel­ques 14 ans plus tard, en effet, lors du mas­sa­cre de Woun­ded Knee Creek, les sol­dats états-uniens devaient tirer une ter­ri­ble revan­che de la raclée de 1876…

Der­niè­re­ment, je suis allé voir Ava­tar, le petit der­nier de James Came­ron. Tout le long du film, je ne pus m’empê­cher d’y voir une recons­ti­tu­tion futu­riste de la bataille de Lit­tle Big Horn. (Si vous n’avez pas vu le film, il est sans doute pré­fé­ra­ble de ne pas lire ce qui suit.)

Les pro­ta­go­nis­tes sont fina­le­ment les mêmes : l’armée des États-unis d’une part, sous les traits de Mari­nes dans le film, et des tri­bus pri­mi­ti­ves d’autres part. Le dérou­le­ment des évè­ne­ments est aussi iden­ti­que. On avait trouvé de l’or dans le Mon­tana, ce qui avait pro­vo­qué l’arri­vée mas­sive de pion­niers ; dans Ava­tar, c’est aussi un gise­ment pré­cieux qui jus­ti­fie la pré­sence humaine. Si les indiens résis­tè­rent, c’étaient parce que les cher­cheurs d’or vio­laient leur terre sacrée, les Blacks Hills, d’où le gou­ver­ne­ment vou­lait les délo­ger. Dans Ava­tar éga­le­ment, il s’agit de chas­ser les indi­gè­nes de l’Arbre-mai­son, puis de détruit leur sanc­tuaire le plus sacré afin d’anéan­tir chez eux tout vel­léité de résis­tance. L’issue de la lutte, enfin, est la même dans les deux cas.

Quoi qu’il en soit de ce rap­pro­che­ment, Ava­tar est un film esthé­ti­que­ment très réussi. L’ima­gi­na­tion qui pré­sida à la créa­tion d’une faune et d’une flore aussi luxu­rian­tes que variées est épous­tou­flante tant de créa­ti­vité que d’ingé­nio­sité. Je regrette tou­te­fois quel­ques hol­ly­woo­dis­mes qui bri­sent par­tiel­le­ment le charme de l’ensem­ble. La figure du colo­nel Miles Qua­ritch, par exem­ple, est un peu trop cari­ca­tu­rale et la fin du film vrai­ment trop opti­miste pour être cré­di­ble : croit-on que les hom­mes renon­ce­ront aussi sim­ple­ment à un mine­rai si pré­cieux ?

Ava­tar est aussi un film bien de son épo­que. Ainsi l’idée de faire de l’éco­sys­tème de Pan­dora un espèce de réseau géant, auquel les indi­gè­nes se con­nec­tent comme on con­nec­te­rait un ordi­na­teur à inter­net… Et puis, bien évi­de­ment, cet ode à la nature n’est pas sans faire écho aux préoc­cu­pa­tions éco­lo­gi­ques du moment. Car on voit bien ce qui s’oppose : des hom­mes, pré­da­teurs et bor­nés, qui détrui­sent tout à l’aide de leur gros­ses machi­nes de guerre au bilan car­bone désas­treux, et des indi­gè­nes moins avan­cés mais qui vivent en sym­biose avec leur envi­ron­ne­ment natu­rel et qui ont été créés sur un modèle mélan­geant cul­ture indienne et afri­caine.

Je n’ai rien con­tre les préoc­cu­pa­tions éco­lo­gi­ques, mais c’est un peu lourd dans le film, quand même…

Bref, je ne regrette mal­gré tout pas de l’avoir vu. En revan­che, je n’ai pas trouvé que la 3D appor­tait réel­le­ment un plus !

vendredi, 24 avril 2009

Carnet n°20 - On peut être plus proche d'étrangers que de sa propre famille

Il y a quel­que temps je suis allé voir Gran torino. On m’en avait fait beau­coup l’élo­ges et je vou­lais en dire un mot ici, même si ce n’est plus d’une toute fraî­che actua­lité.

J’ai énor­mé­ment aimé le film ; on craint tou­jours d’être déçu lors­que l’on se fait van­ter un film avec insis­tance, j’ai été heu­reux de voir ce pro­nos­tic con­tre­dit. Le per­son­nage de Walt Kowalski, l’ancien com­bat­tant retraité des usi­nes Ford, qu’incarne Clint East­wood, n’est cer­tai­ne­ment pas étran­ger à la forte impres­sion que fait le film. On peut dire qu’il joue un rôle de révé­la­teur.

Ce per­son­nage, effec­ti­ve­ment, révèle, et exhauste, tous les carac­tè­res et tous les évè­ne­ments. Par exem­ple, il met en relief la géné­ro­sité de la petite Sue, qui fait l’effort de s’ouvrir à ce vieux grin­cheux, le bon fond, mal­gré la ten­ta­tive de vol de la Gran Torino, de Thao ou encore la cupi­dité de sa pro­pre famille, comme de sa petite-fille qui con­voite sans pudeur la voi­ture féti­che – la scène de la lec­ture du tes­ta­ment est par­ti­cu­liè­re­ment jouis­sive, d’ailleurs. La force de carac­tère de Walt Kowalski sublime éga­le­ment les autres pro­ta­go­nis­tes. Ainsi, n’est-ce pas parce qu’il fait face à ce rude gaillard que le prê­tre s’obs­tine à vou­loir le con­fes­ser ? Il fal­lait donc, en quel­que sorte, que le per­son­nage prin­ci­pal soit cet être a priori détes­ta­ble, fort lui-même, ce carac­tère per­met aux autres per­son­na­ges de mieux res­sor­tir dans leur vérité pro­pre.

Mais le film est tout autant per­cu­tant par les valeurs qu’il porte. J’aime beau­coup l’atta­che­ment pres­que buté de Kowalski aux « vraies » valeurs, cel­les de la société de sa jeu­nesse et qu’ils ne recon­naît plus dans ce quar­tier trans­formé par le temps et l’immi­gra­tion. Clint East­wood me sem­ble cam­per le par­fait « petit blanc », un brave type à l’ori­gine qui s’enferme dans l’aigreur et le racisme à cause des trans­for­ma­tions trop pro­fon­des et rapi­des de son envi­ron­ne­ment. Pour­tant, et c’est ce que j’appré­cie, ce n’est pas une des­crip­tion uni­la­té­ra­le­ment néga­tive. Les valeurs de Walt Kowalski sont en effet des plus sai­nes : tra­vail, pro­priété, hon­nê­teté, res­pect de l’ainesse… Com­ment pour­rait-il com­pren­dre ces ban­des de jeu­nes gens qui met­tent son quar­tier en coupe réglée ?

Gran Torino est bien un film sur l’immi­gra­tion et le racisme, mais à mille lieux des pon­cifs mani­chéens habi­tuels. Walt Kowalski per­met de com­pren­dre pour­quoi des per­son­nes ordi­nai­res peu­vent deve­nir racis­tes. Mais le film n’en est pas pour autant une jus­ti­fi­ca­tion, comme le mon­tre le chan­ge­ment de com­por­te­ment du héros. Car, fina­le­ment, le per­son­nage prin­ci­pal finit par s’ouvrir à une nou­velle réa­lité, celle de ses voi­sins Hmongs ; il s’aper­çoit que ses si chè­res valeurs sont fina­le­ment bien plus par­ta­gées par eux que par sa pro­pre famille. Sacré ren­ver­se­ment : c’est lui l’autoch­tone qui s’intè­gre dans une famille d’immi­grés, au point de se sacri­fier pour elle… Eh oui, c’est cer­tai­ne­ment le plus beau mes­sage dans ce film : on peut se sen­tir plus pro­che d’étran­gers que de sa pro­pre famille.

dimanche, 29 mars 2009

Carnet n°14 - Le dernier film avec des Nègres dedans



J’y suis allé fort dubi­ta­tif. Il y avait de quoi. Les cri­ti­ques, pour­tant, étaient una­ni­me­ment posi­ti­ves : une comé­die irré­sis­ti­ble, 1h30 de rigo­lade assu­rée, un trai­te­ment fin et déli­cat du sujet… Le film avait été encensé au 20 heu­res de TF1…

Mais voilà, j’ai très sou­vent un a priori néga­tif lorsqu’un film est porté aux nues par les jour­naux télé­vi­sés. C’est cer­tai­ne­ment injuste, mais c’est ainsi ; on ne peut se défaire com­plè­te­ment de tous ses pré­ju­gés ! Il faut dire que le thème m’appa­rais­sait sus­pect. Jean-Gabriel, un Antillais désar­genté, marié à une Blan­che et vivant à Cré­teil, décide d’emme­ner toute sa petite famille au ski…

Je parle bien sûr de La Pre­mière étoile, qui est sorti en salle mer­credi der­nier.

Bien que métissé antillais, je n’ai aucune sym­pa­thie par­ti­cu­lière pour les Antilles et les Antillais. Ce n’est pas mon uni­vers cul­tu­rel. C’est dire si la cou­leur locale du film m’atti­rait… Sur­tout, je crai­gnais de tom­ber sur une pro­duc­tion bien poli­ti­que­ment cor­recte, avec tous les cli­chés anti­ra­cis­tes et tou­tes les bla­gues bien lour­des qu’on peut ima­gi­ner s’agis­sant de nègres sor­tis de leur cité pour skier sur les blan­ches cimes de la mon­ta­gne. Je pen­sais même que si les jour­na­lis­tes avaient fait une telle pro­mo­tion du film, c’était bien là l’indice d’un pru­rit bien pen­sant à évi­ter abso­lu­ment. Bref, que c’était le der­nier film sorti avec des Nègres dedans.

J’y suis quand même allé parce que c’était une sor­tie en famille, et que c’était une bonne occa­sion de revoir mes parents.

Eh bien, si je dois vous don­ner un con­seil, c’est bien de ne pas man­quer cette pépite ciné­ma­to­gra­phi­que. Parce que c’est, tout sim­ple­ment, un bon film.

Mes pré­ven­tions se sont révé­lées lar­ge­ment infon­dées. Bien sûr, le racisme, comme thé­ma­ti­que, n’est pas absent, mais sa pré­sence est légère et le ton n’est pas mora­li­sa­teur. Aucune lour­deur, en fait, même dans les res­sorts comi­ques. On rit sur­tout des tics et tra­vers cul­tu­rels antillais (l’accent, les expres­sions, la ges­tuelle, etc., qui n’ont pas man­qué de m’évo­quer cer­tains mem­bres de ma famille, Fir­mine Richard est, sur ce point, tout sim­ple­ment excel­lente dans le rôle de la grand-mère qui ne s’en laisse pas comp­ter). Cette comé­die moque sur­tout, avec beau­coup de ten­dresse, le tou­chant ridi­cule d’une famille popu­laire que se retrouve, déca­lée, dans un uni­vers qui n’est pas le sien, mais qui est bien déci­dée à pro­fi­ter de ces ins­tants de bon­heur.

Ce n’est tou­te­fois pas qu’une sim­ple comé­die où l’on rirait à gorge déployée. On rit, c’est vrai, et assez sou­vent ; le film, sans être d’un rythme endia­blé, ne souf­fre pas de lon­gueurs. Beau­coup de ques­tions sont abor­dées, avec une grande déli­ca­tesse et pas mal d’émo­tion, comme les rela­tions père-fils et les dif­fi­cul­tés du cou­ple face à la dureté de la vie. Cela en fait une comé­die intel­li­gente, ser­vie par un jeu d’acteurs irré­pro­cha­ble et une musi­que effi­cace.

Il y a néan­moins une chose qui m’a for­te­ment agacé. Ce n’est pas vrai­ment un défaut du film, c’est plu­tôt que le film révèle une évo­lu­tion de fond de nos socié­tés qui a le don de m’exas­pé­rer au plu haut point.

Jean-Gabriel, le héros, est très imma­ture. Il vit de petits bou­lots tout en rêvant de tra­vailler à la radio. Il passe aussi son temps et son mai­gre argent à parier sur les che­vaux, lais­sant sa femme tra­vailler comme une dam­née pour sub­ve­nir aux besoins de la famille. Bien sûr, elle ne le sup­porte plus. Et lors­que, dans un accès d’enthou­siasme irré­flé­chi, Jean-Gabriel pro­met à ses enfants de les emme­ner au ski pour les vacan­ces, c’est le goute d’eau qui fait débor­der le vase. Pour notre héros, réus­sir ces vacan­ces, c’est aussi rega­gner l’amour de sa femme et sau­ver sa famille.

Durant la séance, je n’ai pu m’empê­cher de pen­ser aux romans d’appren­tis­sage du XIXème siè­cle. Bien sûr, ce n’est pas tout à fait pareil, mais Jean-Gabriel fait bel et bien un appren­tis­sage : celui de la res­pon­sa­bi­lité (au lieu de celui de l’amour et des règles de la société). Seu­le­ment, il a 37 ou 38 ans… C’est un peu tard tout de même… Je ne vous dis pas le nom­bre de fois que je me suis étran­glé en l’enten­dant sup­plier sa femme, qui n’est pas venue à la mon­ta­gne, de les rejoin­dre car il s’avoue inca­pa­ble de faire face seul.

Ce film, à sa manière, illus­tre la dis­pa­ri­tion du père et du mari. Bref, de l’homme.

Je n’ignore pas qu’il s’agit sans doute de dépein­dre un tra­vers assez pré­sent chez les Antillais de sexe mas­cu­lin, qui est de ne pas assu­mer leur pro­gé­ni­ture. Mais Jean-Gabriel n’est pas réel­le­ment de cette race-là. Il est bel et bien marié et il a désiré sa famille. C’est sim­ple­ment qu’il n’a pas la matu­rité pour s’en occu­per, et c’est sa femme qui fait tout. Fina­le­ment, Jean-Gabriel n’est que le plus grand des enfants de la famille, à la grande exas­pé­ra­tion de son grand fils, un ado­les­cent qui aime­rait avoir un vrai modèle pater­nel, et non ce loo­ser mala­droit.

Je sup­pose que cette imma­tu­rité mas­cu­line mise en scène est cen­sée ren­dre le per­son­nage plus atta­chant, une sorte d’anti-héros sym­pa­thi­que. Moi, cela m’agace. Je vis seul, et je suis par­fai­te­ment capa­ble de faire à man­ger, de laver mon linge, de faire le ménage… Je sais m’occu­per de gos­ses, je le fais tous les jours en cours, et ils ne sont pas com­mo­des ! A con­tra­rio, je ne suis pas sûr que tou­tes les fem­mes moder­nes soient aussi res­pon­sa­bles et auto­no­mes que leurs mères, je veux dire qu’elles sachent cui­si­ner, tenir un inté­rieur, etc. (Je le vois bien à midi, au col­lège : assez rares sont cel­les qui, ne man­geant pas à l’infecte can­tine, se font leur pro­pre plat, c’est sur­gelé et com­pa­gnie, pas très éloi­gné de ce que ferait un mec for­cé­ment pares­seux.) Cette déva­lo­ri­sa­tion uni­la­té­rale de l’homme m’énerve. Dévi­ri­li­sa­tion, même, puis­que Jean-Gabriel n’est rien sans sa femme et qu’à 37 ans, il doit faire un voyage ini­tia­ti­que pour reve­nir sur terre, deve­nir l’homme qu’il aurait déjà dû être.

Je n’ai pas aimé l’image du père et de l’homme ren­voyée par le film. C’est l’un des res­sorts comi­ques, je sais bien. C’est éga­le­ment bon d’avoir autre chose que des modè­les de surhom­mes tout aussi répé­ti­tifs qu’irréa­lis­tes. Et la déri­sion à du bon, je sais cela aussi. Mais je sais mal­heu­reu­se­ment que cette image infan­tile du père et de l’homme n’est pas qu’un pro­cédé comi­que, c’est l’air du temps. Un air bien loin de la comé­die à la vérité, et plus pro­che d’un pesant requiem.